On a de la chance nous, les pères d’aujourd’hui, du moins pour certains, d’avoir la possibilité de s’occuper de nos enfants le matin, avant leur départ pour l’école ou la garderie. Rien à voir avec nos pères qui eux, partaient le matin, café à la main et journal sous le bras, avant même que tout le monde soit réveillé dans la maison, pour passer le pont avant le traffic…
Rien de tel que de commencer sa journée, soi-même fatigué et à moitié endormi, en essayant de réveiller ces deux grosses marmottes qui se plaignent d’être fatiguées, alors qu’elles dorment depuis 12 heures. Moi mon truc : je les prends comme une roche, et je les dompe tel une pipine sur le divan du salon, en ayant pris soins avant d’allumer la télé et d’avoir choisi une émission bien colorée. Inévitablement, leur cerveau se met sur l’automatique et leurs yeux finissent par s’ouvrir pour fixer l’écran… en se plaignant un peu de la lumière excessive émisse par ma 40 pouces HD à DEL…
Ensuite, le gavage. Oui parce que faut que ça mange avant d’aller apprendre ces p’tits bêtes là. Pis comme on n’a pas 2 heures pour se préparer, mais plutôt 45 minutes, on mange en se levant. Et à chaque matin, aussi fidèlement, on te pose la question « mais y’a quoi à manger? ». Moi je ne me bats même plus…. Je dis spontanément « j’te sers la même chose qu’hier et avant hier? » Et assurément, après avoir pris 5 minutes pour se décider, ils te demandent la seule chose à manger que t’as plus en stock, ou bien le genre de truc qui est trop long à faire, comme des crêpes.
Après le déjeuner, vient ensuite le moment magique de les habiller. Tu leur demandes d’enfiler les vêtements que tu as judicieusement choisi dans leur tiroir, en essayer de trouver de quoi qui est ni trop petit parce qu’ils ont trop grandi, ni trop grand parce que ça vient d’un cousin, pas trop propre parce qu’ils vont aller jouer dehors mais pas trop vieux comme s’ils arrivaient de jouer dehors. Le tout bien entendu en ne prenant pas de t-shirt avec une image « trop violente » pour l’école, sans être un souvenir des dernières vacances aux îles de la madeleine... parce que c'est pas assez hot. Pis quand t’es chanceux, ta fille de 4 ans a une espèce d’hypersensibilité corporelle doublée d’un caractère de chien : bref tout son linge l’énarve! Les bobettes l’énarvent, les bas l’énarvent. La veste en dessous du manteau de printemps l’énarve, sa casquette l’énarve, pfffff…..
Vient maintenant le temps de brosser les temps, en essayant de les faire décrocher de la télévision (sous entendez ici « fermer » la télévision). Y’aura évidemment une bataille pour savoir lequel se les brosse en premier, alors que quand ils sont seuls ils refusent d’y aller. Et ensuite ma minute préférée : la lulu. Tsé des cheveux, c’est comme un animal sauvage, ce n’est pas fait pour être attachés. Sauf qu’évidemment tu ne veux pas ramener les poux des paspropres à la maison, donc tu sors la brosse et tu achèves tout le restant de bonne humeur de ta fille en lui tirant les cheveux bien solide, pour attacher le tout avec le même élastique rose que la veille, parce que c’est le seul qui tient pas pire. Pis t’oses même pas essayer une autre sorte de couette, ou d’utiliser une passe ou des barrettes, c’est peine perdue. T’envois ensuite ta fille s’habiller pour partir, pis tu réalises que ça couette est vraiment pas centrée… mais bon, après tout, ça fait « années 80 »…
On sort donc de la maison, après avoir joué à la loterie de « trouve des ti-gants qui matchent » dans le bac d’accessoires trop rempli. T’essais de barrer la porte, ayant dans les mains ton sac à dos, celui du plus vieux, sa boîte à lunch aussi grosse que le sac, le lait d’la plus jeune qui est allergique au lactose, et leurs casquettes parce que l’après-midi il va faire 20 degrés de plus que le matin. Évidemment tu réalises que tes clés sont dans ta poche de gauche, le bord de la main où t’as mis tout le stock pour laisser libre l’autre main... Une fois la porte barrée, tu pries que tes vitres de char n’aient pas de frimas ce matin là, parce que les jeunes vont vouloir absolument t’aider à mal gratter les fenêtres… Ensuite ils s’installent à l’intérieur du véhicule, en exigeant de s’attacher tous seuls… lentement…
15 minutes plus tard, t’es de retour à la maison, après avoir fait un tour de ville entre la garderie et l’école, et tu te stationnes chez toi, pour ensuite aller à pied vers l’arrêt d’autobus, parce que côté traffic, yé trop tard pour prendre ton char… Tu t’assois entre la grosse madame et le tueur à gage, pu d’énergie, en essayant de t’estimer chanceux d’avoir passé un peu de temps avec tes enfants ce matin là…
Installez-vous confortablement, ne pensez plus à rien... Je m'en occupe pour vous.
20 avril 2012
11 avril 2012
La tendance est au rouge...
J’ai envie de vous parler de rouge ce matin. Mais pas de p’tits carrés, plutôt de ronds… soit les feux de circulation. Il y a à peu près un an, je traversais tout bonnement une petite rue du centre-ville, sur la rouge évidemment parce qu’il n’y avait pas d’autos en circulation. Rien de bien surprenant me direz-vous, c’est plutôt la norme à Montréal. Juste à faire un tour sur Sainte-Catherine pour voir que le piéton est roi.
Mais voilà-tu pas qu’en posant l’orteil sur le rebord du trottoir, rendu de l’autre côté, apparait dans mon champ de vision un poulet dans son bel uniforme, sourire aux lèvres, comme un pêcheur venant de ramener un beau poisson dans son filet.
« Monsieur, venez-ici SVP ». « La lumière là, elle était quelle couleur? »
« euh… Rouge? »
« Ben oui, hein? ». « J’vais prendre vos papiers d’identité SVP ». « Vous allez recevoir une contravention par la poste »
« et bien… que dire… merci… c’est trop… »
Tout d’un coup, j’me suis senti vraiment idiot. J’étais dans la première phase, l’état de choc. J’me sentais comme un ti-cul qui vient de se faire pincer à voler un bonbon au dépanneur. Debout devant tout le monde sur le coin de la rue, attendant mon billet bien gentiment. J’me sentais con de pas l’avoir vu, bien accoté sur le poteau n’attendant que j’enfreigne la loi drette dans sa face. Mais aussi pour le ridicule de la situation; se faire arrêter pour traverser une rue à pied, on a vu pire comme méfait. On ne parle pas ici d’un boulevard à 6 voies, mais bien d’une petite rue pas très passante qui mène pratiquement à un cul de sac. Y’a tellement personne qui tourne sur cette rue que y’a même une traverse de vers de terre d’avril à novembre…
Un fois mon beau billet en main, je me remets en route, un peu légèrement en tabarnac. Rien de plus frustrant que d’aller travailler pour revenir à la maison avec une contravention, devant ainsi une partie de mon salaire à la ville de Montréal. Vous l’aurez compris, j’étais dans le déni. Et là vous aurez compris que je ne parle pas de « Denis » Lévesque…
Ensuite, phase de désespoir : je continuais ma route, m’arrêtant bêtement à chaque lumière rouge, maudissant le retard que j’accumulais, et l’impression d’être le seul cave à attendre sur le coin des rues pour pas se faire chicaner, jusqu’à ce que j’arrive enfin au terminus.
Puis, dans les jours qui ont suivi, j’ai continué de m’arrêter à chaque lumière rouge, inspectant les alentours pour essayer de débusquer le vilain policier caché, persuadé qu’il me traquait à travers la ville, dans l’espoir de doubler ma contravention. J’ai réalisé que ça m’angoissait sérieusement de toujours me demander si je pouvais traverser ou pas, alors je me suis dit « d’la marde », si c’est rouge, et bien j’attends, pis c’est toute. Phase de détachement. Et c’est là que ça a commencé à devenir intéressant.
J’ai commencé par me rendre compte que je ne sauvais pas significativement de temps en bout de ligne. 2 minutes au mieux par trajet. « Big deal ». Ensuite, regardant à chaque coin de rue les gens me dépasser et traverser sur la rouge, je me suis rendu compte qu’effectivement, bien souvent pour ne pas dire « quotidiennement », ils nuisent considérablement à la fluidité de la circulation, risquant même dans plusieurs cas de créer des accidents sérieux… et pour aucune raison valable. J’entrais visiblement dans la dernière phase, l’acceptation.
Je me plais maintenant à regarder chaque semaine des poissons se faire prendre par le vilain agent de la circulation, tout comme moi l’année dernière, et je ne peux m’empêcher de sourire en passant près d’eux… sachant que je vais arriver au terminus bien avant eux. Et comme je marche très vite, genre plus vite que le monde qui marche vite, je rattrape toujours les gens après 1 ou deux coins de rues. Mais le plus étonnant, c’est que je me rends souvent compte que quand les gens arrivent sur le coin de rue avec une lumière rouge et remarquent que je ne bouge pas, ils se sentent bien nerveux tout d’un coup, et n’osent plus bouger. Ils ont l’air de se demander pourquoi je reste là. Ai-je vu quelque chose qu’ils n’ont pas vu? Est-ce un piège? Et dans d’autres visages, on lit clairement la gêne, comme s’ils n’osaient pas être les seuls à transgresser la loi. Comme si c’était moins cool, maintenant qu’ils étaient seuls à le faire. Et ce moment là, c’est mon préféré, car je réalise que de ma petite personne, je peux avoir une certaine influence sur les gens qui m’entourent, aussi minime soit-elle. Après tout, c’est un peu comme ça que les modes sont lancées. Un individu a le courage d’assumer une tenue nouveau genre, et suffit de quelques suiveux pour que la nouveauté devienne une tendance...
Donc pour moi c’est réglé, tenez-vous le pour dit, j’attends mes lumières rouges. Pas parce que j’ai peur de me faire frapper, mais par principe. Parce que si un jour ce système a été mis en place, c’est pour la sécurité de tous. Est-ce que je créerai une tendance? Surement pas, mais j’suis à l’aise avec mon choix. Et après tout, je me tue à dire à mes enfants de pas traverser sur une lumière rouge, faut bien que je m’assume en tant que grande personne…
Mais voilà-tu pas qu’en posant l’orteil sur le rebord du trottoir, rendu de l’autre côté, apparait dans mon champ de vision un poulet dans son bel uniforme, sourire aux lèvres, comme un pêcheur venant de ramener un beau poisson dans son filet.
« Monsieur, venez-ici SVP ». « La lumière là, elle était quelle couleur? »
« euh… Rouge? »
« Ben oui, hein? ». « J’vais prendre vos papiers d’identité SVP ». « Vous allez recevoir une contravention par la poste »
« et bien… que dire… merci… c’est trop… »
Tout d’un coup, j’me suis senti vraiment idiot. J’étais dans la première phase, l’état de choc. J’me sentais comme un ti-cul qui vient de se faire pincer à voler un bonbon au dépanneur. Debout devant tout le monde sur le coin de la rue, attendant mon billet bien gentiment. J’me sentais con de pas l’avoir vu, bien accoté sur le poteau n’attendant que j’enfreigne la loi drette dans sa face. Mais aussi pour le ridicule de la situation; se faire arrêter pour traverser une rue à pied, on a vu pire comme méfait. On ne parle pas ici d’un boulevard à 6 voies, mais bien d’une petite rue pas très passante qui mène pratiquement à un cul de sac. Y’a tellement personne qui tourne sur cette rue que y’a même une traverse de vers de terre d’avril à novembre…
Un fois mon beau billet en main, je me remets en route, un peu légèrement en tabarnac. Rien de plus frustrant que d’aller travailler pour revenir à la maison avec une contravention, devant ainsi une partie de mon salaire à la ville de Montréal. Vous l’aurez compris, j’étais dans le déni. Et là vous aurez compris que je ne parle pas de « Denis » Lévesque…
Ensuite, phase de désespoir : je continuais ma route, m’arrêtant bêtement à chaque lumière rouge, maudissant le retard que j’accumulais, et l’impression d’être le seul cave à attendre sur le coin des rues pour pas se faire chicaner, jusqu’à ce que j’arrive enfin au terminus.
Puis, dans les jours qui ont suivi, j’ai continué de m’arrêter à chaque lumière rouge, inspectant les alentours pour essayer de débusquer le vilain policier caché, persuadé qu’il me traquait à travers la ville, dans l’espoir de doubler ma contravention. J’ai réalisé que ça m’angoissait sérieusement de toujours me demander si je pouvais traverser ou pas, alors je me suis dit « d’la marde », si c’est rouge, et bien j’attends, pis c’est toute. Phase de détachement. Et c’est là que ça a commencé à devenir intéressant.
J’ai commencé par me rendre compte que je ne sauvais pas significativement de temps en bout de ligne. 2 minutes au mieux par trajet. « Big deal ». Ensuite, regardant à chaque coin de rue les gens me dépasser et traverser sur la rouge, je me suis rendu compte qu’effectivement, bien souvent pour ne pas dire « quotidiennement », ils nuisent considérablement à la fluidité de la circulation, risquant même dans plusieurs cas de créer des accidents sérieux… et pour aucune raison valable. J’entrais visiblement dans la dernière phase, l’acceptation.
Je me plais maintenant à regarder chaque semaine des poissons se faire prendre par le vilain agent de la circulation, tout comme moi l’année dernière, et je ne peux m’empêcher de sourire en passant près d’eux… sachant que je vais arriver au terminus bien avant eux. Et comme je marche très vite, genre plus vite que le monde qui marche vite, je rattrape toujours les gens après 1 ou deux coins de rues. Mais le plus étonnant, c’est que je me rends souvent compte que quand les gens arrivent sur le coin de rue avec une lumière rouge et remarquent que je ne bouge pas, ils se sentent bien nerveux tout d’un coup, et n’osent plus bouger. Ils ont l’air de se demander pourquoi je reste là. Ai-je vu quelque chose qu’ils n’ont pas vu? Est-ce un piège? Et dans d’autres visages, on lit clairement la gêne, comme s’ils n’osaient pas être les seuls à transgresser la loi. Comme si c’était moins cool, maintenant qu’ils étaient seuls à le faire. Et ce moment là, c’est mon préféré, car je réalise que de ma petite personne, je peux avoir une certaine influence sur les gens qui m’entourent, aussi minime soit-elle. Après tout, c’est un peu comme ça que les modes sont lancées. Un individu a le courage d’assumer une tenue nouveau genre, et suffit de quelques suiveux pour que la nouveauté devienne une tendance...
Donc pour moi c’est réglé, tenez-vous le pour dit, j’attends mes lumières rouges. Pas parce que j’ai peur de me faire frapper, mais par principe. Parce que si un jour ce système a été mis en place, c’est pour la sécurité de tous. Est-ce que je créerai une tendance? Surement pas, mais j’suis à l’aise avec mon choix. Et après tout, je me tue à dire à mes enfants de pas traverser sur une lumière rouge, faut bien que je m’assume en tant que grande personne…
29 mars 2012
Comme la relish dans un hot-dog…
Hier, un collègue était supposé venir me rencontrer au bureau pour un briefing et ne s’est pas pointé finalement, sans que je sache pourquoi. Bon ok, il est européen, ça a peut-être quelque chose à y voir, qui sait :). Mais c’est vraiment pas grave, rien pour chercher des noises car c’est pas ce dont j’veux vous entretenir, mais il m’a quand même posé un lapin…
« Poser un lapin »… d’où cé que ça peut ben venir cette expression-là, hein? Aucune idée, mais j’adore quand même ça utiliser des expressions de même! On ne sait que trop rarement d’où ça vient vraiment, mais j’trouve que ça met d’la couleur dans une conversation… comme la relish dans un hot-dog. Ça fait plus théâtral, plus « cinéma ». Tirez-vous donc une bûche, vous n’êtes pas sortis de l’auberge!
Comme je disais, y’en a toute une panoplie qui surgissent comme ça dans ma tête de temps en temps, à brule-pourpoint. Je les utilise un peu moins en parlant dans la vie de tous les jours, mais je prends mon pied de les utiliser quand j’écris. Bien entendu c’est en quelque sorte un défi, voir un art d’apprendre à les insérer au bon endroit, au bon moment, et non pas à la va-comme-je-te-pousse. Tout est question de timing. Vous me suivez?
Et ce qui me fascine vraiment c’est que j’ignore pourquoi je les retiens, et pourquoi elles resurgissent comme ça, sans crier gare. Mais je crois que souvent ça vient de répliques de films qui m’ont bien fait rire, essentiellement des films traduits en français de France. Mon idole, pour ceux qui l’ont vu, c’est l’âne dans Shrek. J’adore ses expressions farfelues, qui déboulent une après l’autre, de but en blanc.
Faut quand même être prudent en utilisant ces expressions, car c’est un peu comme d’ouvrir la boîte de Pandore. On croit parfois savoir à tort ce qu’elles veulent dire, et il n’en faut pas beaucoup pour que la conversation soit mal interprétée... Et je ne prétends pas du tout bien connaître toutes celles que j’utilise, au contraire, mais à date ça ne m’est jamais vraiment arrivé d’être mal compris, du moins je crois… j’dois avoir le cul bordé de nouilles.
Bon ben j’vous laisse là-dessus, j’vais aller faire chauffer mon lunch, je crève la dalle.
« Poser un lapin »… d’où cé que ça peut ben venir cette expression-là, hein? Aucune idée, mais j’adore quand même ça utiliser des expressions de même! On ne sait que trop rarement d’où ça vient vraiment, mais j’trouve que ça met d’la couleur dans une conversation… comme la relish dans un hot-dog. Ça fait plus théâtral, plus « cinéma ». Tirez-vous donc une bûche, vous n’êtes pas sortis de l’auberge!
Comme je disais, y’en a toute une panoplie qui surgissent comme ça dans ma tête de temps en temps, à brule-pourpoint. Je les utilise un peu moins en parlant dans la vie de tous les jours, mais je prends mon pied de les utiliser quand j’écris. Bien entendu c’est en quelque sorte un défi, voir un art d’apprendre à les insérer au bon endroit, au bon moment, et non pas à la va-comme-je-te-pousse. Tout est question de timing. Vous me suivez?
Et ce qui me fascine vraiment c’est que j’ignore pourquoi je les retiens, et pourquoi elles resurgissent comme ça, sans crier gare. Mais je crois que souvent ça vient de répliques de films qui m’ont bien fait rire, essentiellement des films traduits en français de France. Mon idole, pour ceux qui l’ont vu, c’est l’âne dans Shrek. J’adore ses expressions farfelues, qui déboulent une après l’autre, de but en blanc.
Faut quand même être prudent en utilisant ces expressions, car c’est un peu comme d’ouvrir la boîte de Pandore. On croit parfois savoir à tort ce qu’elles veulent dire, et il n’en faut pas beaucoup pour que la conversation soit mal interprétée... Et je ne prétends pas du tout bien connaître toutes celles que j’utilise, au contraire, mais à date ça ne m’est jamais vraiment arrivé d’être mal compris, du moins je crois… j’dois avoir le cul bordé de nouilles.
Bon ben j’vous laisse là-dessus, j’vais aller faire chauffer mon lunch, je crève la dalle.
28 mars 2012
Pour la cause
N’ayez pas peur, je n’ai pas vraiment envie de parler de la crise de l’éducation ce matin. Le rapport opinions/actions est déjà au-delà du raisonnable, n’en ajoutons pas. J’y ferai par contre une petite allusion ici plus bas. J’ai plutôt envie de déblatérer des causes en général…et de vous faire part de mon avis sur la chose, aussi futile fusse-t-il (ça se dit pas vraiment bien, hein?).
Y’a pas une journée où on n’est pas sollicité pour une bonne cause. Sur la rue, au travail, à la télé, la radio, dans les transports, et plus récemment, les médias sociaux. Remarquez que je ne suis pas en train de dire que d’appuyer une cause est mal. Mais y’a 3 choses qui m’irritent en particulier : la surabondance de causes, l’utilisation de cause dans des buts de marketing évident, et aussi ce que j’appelle « l’appui passif ».
Premièrement, y’a tellement de causes aujourd’hui qu’on dirait qu’on en vient à un point où on les mêle toutes. C’est comme rendu juste une mode, voir une obligation d’avoir une cause à promouvoir, ou à soutenir. Tellement que les causes sont à la veille de se solliciter entre-elles. La preuve, les artistes ne peuvent même plus se permettre de ne pas appuyer ouvertement une cause, au risque d’être regardés de travers. Et le pire du nombre élevé de causes, c’est le nombre de fois où on nous demande de donner pour elles. Si je faisais l’exercice de donner de serait-ce que 10$ à chaque fois qu’on me sollicite pour une cause, j’suis convaincu que j’aurai dépensé en un an de quoi me payer de belles vacances, essentielles pour mon bien être et ma santé personnelle. La solution que j’ai donc « trouvé » pour y remédier : J’ai choisi UNE cause, à laquelle je donne un certain montant tous les mois. Ainsi je fais ma part en société, je contrôle mieux le montant que j’attribue annuellement à des dons de charité, et je me permets surtout d’arrêter de feeler cheap chaque fois que je suis sollicité et que je refuse de donner. Un peu égoïste vous trouvez? Question de perception je crois…
L’autre truc c’est quand ça devient trop évident qu’on se sert d’une cause pour vendre une marque, ou un produit. Là je vais mordre la main qui me nourrira sous peu, mais récemment BELL avait un événement « On cause pour la cause ». Genre que pour chaque appel fait sur leur réseau pendant une journée spécifique, la compagnie donnait un certain montant à une cause. Voyez-vous, je me souviens surtout du slogan de l’événement et d’la compagnie de communication, mais la cause comme tel, pas clair. Combien ils ont reçu au juste? Me souviens pas. Où je veux en venir c’est que si t’as de l’argent à donner à une cause, ben fait un chèque cibole. Tu veux les aider côté communication? Paye-leur du temps d’antenne. Invite pas les gens à se servir de ton produit en promettant un don en échange, ça, je trouve ça cheap, désolé. Mais au moins, j’suis d’accord que de l’argent est donné, c’est au moins ce qui compte en bout de ligne…
Pour finir en beauté, l’appui passif. J’entends par là de cliquer sur LIKE sur Facebook pour soutenir une cause, ou bien de COPIER SUR TON MUR CE MESSAGE SI TU CONNAIS L’AMI D’UN AMI QUI A DÉJÀ EU LE CANCER. Mon avis : c’est facile, ça n’aide personne, et j’trouve ça presque hypocrite. Ça aide juste à avoir l’impression de faire une bonne action, et de soulager sa conscience, mais au bout de la ligne, on fait quoi pour la cause…rien. L’ami qui a besoin d’aide en a-t-il vraiment? Non. Dans le genre actuellement, y’a le trend des carrés rouges sur les vêtements et les profils facebook, soutenant semble-t-il la cause des étudiants. Est-ce que le débat avance? Est-ce que quelqu’un propose des solutions pour faire avancer le dossier? Pense pas, en tout cas j'en ai pas entendu beaucoup. Je me trompe peut-être, mais une chose est sûre, vous ne verrez pas de carré rouge, vert ou jaune sur mon sac à dos. Parce que je n’en ai pas de solution à proposer dans ce cas-ci, c’est pas mon domaine, l’économie.
Vous voulez vraiment aider une cause? Faites du bénévolat, organisez des levées de fonds, courez, marchez, ou donnez simlpement un peu d'argent pour la cause qui vous tient à coeur, mais lâchez le piton LIKE. Un bel exemple d’appui actif : plusieurs de mes collègues vont participer sous peu à une marche de plusieurs kilomètres, et pour l’occasion elles amassent des fonds pour la cause des cancers féminins, et ce de toutes sortent de façons possibles et imaginables. Un gros BRAVO! Par contre les filles, désolé mais vous aurez compris en lisant ce qui précède que je ne vous donnerai pas 20$ chacune… parce que j’ai déjà choisi d’appuyer régulièrement une autre cause, et surtout que ma prochaine paye risquerait d’y passez, et qu’ensuite la survie de ma maison et de ma famille deviendrait inévitablement une nouvelle cause à soutenir…
26 mars 2012
La Cabane à sous
N’y a-t-il pas plus traditionnel au Québec que la saison des sucres et la visite de nos belle érablières? Tout bon québécois se doit, une fois l’an, d’aller licher d’la tire collante sur un bâton à pogo pris dans une boite où tout le monde pige à pleine main pas lavée. Nous y sommes allés en famille ce samedi justement, et j’en suis revenu plus perplexe que jamais…
Perplexe car j’ai d’la misère à analyser mes sentiments face à cette sortie annuelle. Bien entendu y’a le côté émotionnel des souvenirs de mon enfance qui remontent, et qui est fort probablement la raison principale pourquoi on y retourne chaque année depuis que je suis en âge d’avoir mal au coeur. Je me rappelle que c’était souvent une occasion de revoir la famille, les mononcles et les matantes qu’on voyait moins souvent, et qu’on retrouvait ainsi, chaque printemps, dans une salle à dîner où y’a trop de bruit pour s’entendre parler, assis à une trop longue table. Et en même temps, aussitôt que je me retrouve à peine dans l’entrée, accompagné maintenant de mes propres enfants, que je me demande à tout coup : Quessé qu’on fait icitte, ciboire!?
La cabane à sucre, que je nomme maintenant « la cabane à sous », c’est comme un genre de freak show où se ramassent la moitié de la population de Verdun, pour aller s’empiffrer de bines pis de jambon arrosés de sirop, le tout à un coût exorbitant. C’est un endroit charmant où on paye pour aller se geler le cul dans une charrette surpeuplée qui fait un tour de marde de 10 minutes dans l’érablière, visite non-guidée bien entendu, sans vraiment s’éloigner du parking, et où y’a tout le temps une famille bizarre qui semble être sortie de l’asile pour le week-end, et qui ont du gros fun sale comme ça se peut pas.
Ensuite, une fois les enfants bien gelés, tu rentres en dedans à la grosse chaleur pour faire la ligne (pour ne pas dire « se taper la queue ») pour acheter tes billets, des gros cartons surdimensionnés et colorés qui n’entrent pas dans tes poches, et ensuite tu te mets encore en line-up pour pouvoir éventuellement entrer dans le sauna là où ils servent les repas. Pis à côté de cette file là, y’a toujours le bar miteux de la place, tenu par un mononcle moustachu et sa nièce en chemisier blanc, où tu y verras assurément accoudé le père de la famille de mongols croisée dans la charrette, achetant sa grosse bière pour se désaltérer, par qu’il sait lui aussi trop bien ce qui l’attend. Au bout de la queue, y’a le ti-monsieur avec sa chemise en restant de nappe carottée qui fais des signes de baseball au catcher/placeur à l’autre bout de la salle pour câller la grosseur des groupes qui arrivent, pis qui a toujours l’air surpris que tu sois en gros groupe.
Une fois à l’intérieur, t’as tellement chaud que tu te mets à poil et t’accroches ton linge comme tu peux sur le dos d’une chaise de cafétéria d’école primaire en sachant trop bien que dès que tu vas te lever, elle va tomber, entraînant ton beau manteau de fin de semaine sur le plancher à moitié collant des vapeurs d’omelette pis d’oreilles de christ qui sortent de la cuisine (non mais qui a eu la brillante idée de faire frire du lard, comme si c’était pas déjà assez gras « nature»…). Là y’a la madame qui transpire dans sa grosse robe de soubrette qui t’amène un litre d’eau tiède, avec un litre de lait tiède, pis un litre de sirop d’érable… tiède. La prochaine étape : les entrées. Un bol de pain tiède, avec des p’tits pots minuscules de cretons tièdes, et des bols de pickles et de marinades… tièdes. Là évidemment les enfants, affamés d’avoir fait la queue pendant 30 minutes, se bourrent la face dans le pain mou, question de pu avoir faim pour le reste du repas qui t’a couté 10/15$ par tête, et là on parle du prix pour les 5-15 ans. Évidemment le samedi soir, même si tu mange exactement le même osti de menu que le midi, c’est plus cher.
Ensuite, pour continuer ce copieux repas, le plat de résistance. Et « résistance » c’est pas mal le feeling qu’on a dans l’estomac en voyant arriver c’te bonne assiettée d’omelettes tiède, enterré sous une couche de jambon gras. Pis là tant qu’à faire tu te dis « aussi bien d’arroser ça d’un peu de sirop, ça va descendre mieux ». Seul point positif ici : le bol de patates. J’sais pas comment ils les font, mais j’ai toujours adoré ces p’tites patates surdimensionnés… Sauf que le bol, en métal bien entendu, est toujours trop chaud pour que tu le tiennes, et trop petit pour le nombre de personnes assis à la table…. Mais bon, ça fait partir du charme. Ensuite, question de retomber dans les gras saturés et de finir ça en beauté, on ajoute à tout ça le bol de saucisses cocktail dans le sirop d’érable, accompagné d’un bol de bines… dans le sirop d’érable bien entendu.
Et là, comme ton estomac te supplie déjà de mettre un terme au carnage, tu ne peux résister à l’envie de rentabiliser tes frais d’entrée, et tu te lances à gorge déployée dans les desserts. Rien de mieux pour finir la tuerie qu’un bon bol de pouding chômeur au sirop d’érable, avec une pointe de tarte au sucre d’érable tiède, et pourquoi pas une belle boule de pâte à beignes frite, arrosée de sirop d’érable! Un p’tit verre de lait tiède pour faire descendre le tout? Enwèye dont mon Léon! Tu veux un café? Sorts ton lasso pis essais d’attraper la soubrette déguisée en nappe de camping!
Une fois que tout le monde est au bord du coma diabétique, on se dirige vers la prochaine étape de la soirée : la salle de danse. Là tu retrouve tes amis, dont la mère de la famille d’osti de mongols rencontrée plus tôt qui elle, a décidé qu’elle dansait comme jamais on a vu danser. C’est SA soirée, sa grosse sortie, tassez-vous! Y’a toujours aussi 3-4 folles qui essaient tant bien que mal de partir une danse en ligne en vain au bout d’la piste, sur une toune qui s’y prête pas. Découragé juste en entrant, t’enligne le temps d’une seconde d’aller te taper une partie de machines à boules pour passer le temps, mais attention! La zone est encerclée d’enfants de pauvres sur un esti de high de sucre, qui sont en train de défoncer les machines, sans jouer vraiment parce qu’ils n’ont pas une cenne, alors tu renonces sur le champ. Tu te diriges alors vers un coin isolé, et dépose tes choses sur une table sale, et là c’est le début de la fin. Tu assistes en direct au débarquement de Normandie; les enfants d’la gang des plus nantis débarquent dans le noir d’la piste de danse avec tout un attirail d’épée pis de guns à 10$ en plastiques qui font du bruit avec des lasers pis et des lumières DEL psychédéliques. Évidemment, t’as pas le choix d’embarquer tes enfants dans le troupeau pis d’les équiper, sinon té un parent poche, un sans coeur. Ça fait que tu t’assis et tu regardes les enfants courir, sauter, et pointer leurs lasers dans la face de Henriette, la grosse cousine du proprio et DJ en feu de la soirée.
Quand finalement t’es à bout de nerfs, que t’essais de prendre tes messages sur ton iPhone pour passer le temps pis que le signal passe pas à travers l’épais toit de la cabane ancestrale et des vapeurs de sirop, tu réussis à convaincre les enfants d’aller manger d’la tire dehors, en sachant qu’une fois dehors et transits par le froid ils seront plus facile à attraper et à attacher dans l’auto. Tu te diriges donc vers l’allée de neige jaune dans le bac en long, tu fais encore la ligne une dernière fois, et te sucre le bec à vouloir en vomir. Une fois les enfants avec la face et les mains bien collées, tu les attrapes par derrière en traitre, et hop dans le char! Tu les débarbouilles un peu, les suppliant de pas mettre leurs bottes pleine de bouette partout sur les bancs, leur donne un bol pour vomir au cas où, et tu décâlisses de là en te promettant de ne plus revenir… avant l’année prochaine.
Perplexe car j’ai d’la misère à analyser mes sentiments face à cette sortie annuelle. Bien entendu y’a le côté émotionnel des souvenirs de mon enfance qui remontent, et qui est fort probablement la raison principale pourquoi on y retourne chaque année depuis que je suis en âge d’avoir mal au coeur. Je me rappelle que c’était souvent une occasion de revoir la famille, les mononcles et les matantes qu’on voyait moins souvent, et qu’on retrouvait ainsi, chaque printemps, dans une salle à dîner où y’a trop de bruit pour s’entendre parler, assis à une trop longue table. Et en même temps, aussitôt que je me retrouve à peine dans l’entrée, accompagné maintenant de mes propres enfants, que je me demande à tout coup : Quessé qu’on fait icitte, ciboire!?
La cabane à sucre, que je nomme maintenant « la cabane à sous », c’est comme un genre de freak show où se ramassent la moitié de la population de Verdun, pour aller s’empiffrer de bines pis de jambon arrosés de sirop, le tout à un coût exorbitant. C’est un endroit charmant où on paye pour aller se geler le cul dans une charrette surpeuplée qui fait un tour de marde de 10 minutes dans l’érablière, visite non-guidée bien entendu, sans vraiment s’éloigner du parking, et où y’a tout le temps une famille bizarre qui semble être sortie de l’asile pour le week-end, et qui ont du gros fun sale comme ça se peut pas.
Ensuite, une fois les enfants bien gelés, tu rentres en dedans à la grosse chaleur pour faire la ligne (pour ne pas dire « se taper la queue ») pour acheter tes billets, des gros cartons surdimensionnés et colorés qui n’entrent pas dans tes poches, et ensuite tu te mets encore en line-up pour pouvoir éventuellement entrer dans le sauna là où ils servent les repas. Pis à côté de cette file là, y’a toujours le bar miteux de la place, tenu par un mononcle moustachu et sa nièce en chemisier blanc, où tu y verras assurément accoudé le père de la famille de mongols croisée dans la charrette, achetant sa grosse bière pour se désaltérer, par qu’il sait lui aussi trop bien ce qui l’attend. Au bout de la queue, y’a le ti-monsieur avec sa chemise en restant de nappe carottée qui fais des signes de baseball au catcher/placeur à l’autre bout de la salle pour câller la grosseur des groupes qui arrivent, pis qui a toujours l’air surpris que tu sois en gros groupe.
Une fois à l’intérieur, t’as tellement chaud que tu te mets à poil et t’accroches ton linge comme tu peux sur le dos d’une chaise de cafétéria d’école primaire en sachant trop bien que dès que tu vas te lever, elle va tomber, entraînant ton beau manteau de fin de semaine sur le plancher à moitié collant des vapeurs d’omelette pis d’oreilles de christ qui sortent de la cuisine (non mais qui a eu la brillante idée de faire frire du lard, comme si c’était pas déjà assez gras « nature»…). Là y’a la madame qui transpire dans sa grosse robe de soubrette qui t’amène un litre d’eau tiède, avec un litre de lait tiède, pis un litre de sirop d’érable… tiède. La prochaine étape : les entrées. Un bol de pain tiède, avec des p’tits pots minuscules de cretons tièdes, et des bols de pickles et de marinades… tièdes. Là évidemment les enfants, affamés d’avoir fait la queue pendant 30 minutes, se bourrent la face dans le pain mou, question de pu avoir faim pour le reste du repas qui t’a couté 10/15$ par tête, et là on parle du prix pour les 5-15 ans. Évidemment le samedi soir, même si tu mange exactement le même osti de menu que le midi, c’est plus cher.
Ensuite, pour continuer ce copieux repas, le plat de résistance. Et « résistance » c’est pas mal le feeling qu’on a dans l’estomac en voyant arriver c’te bonne assiettée d’omelettes tiède, enterré sous une couche de jambon gras. Pis là tant qu’à faire tu te dis « aussi bien d’arroser ça d’un peu de sirop, ça va descendre mieux ». Seul point positif ici : le bol de patates. J’sais pas comment ils les font, mais j’ai toujours adoré ces p’tites patates surdimensionnés… Sauf que le bol, en métal bien entendu, est toujours trop chaud pour que tu le tiennes, et trop petit pour le nombre de personnes assis à la table…. Mais bon, ça fait partir du charme. Ensuite, question de retomber dans les gras saturés et de finir ça en beauté, on ajoute à tout ça le bol de saucisses cocktail dans le sirop d’érable, accompagné d’un bol de bines… dans le sirop d’érable bien entendu.
Et là, comme ton estomac te supplie déjà de mettre un terme au carnage, tu ne peux résister à l’envie de rentabiliser tes frais d’entrée, et tu te lances à gorge déployée dans les desserts. Rien de mieux pour finir la tuerie qu’un bon bol de pouding chômeur au sirop d’érable, avec une pointe de tarte au sucre d’érable tiède, et pourquoi pas une belle boule de pâte à beignes frite, arrosée de sirop d’érable! Un p’tit verre de lait tiède pour faire descendre le tout? Enwèye dont mon Léon! Tu veux un café? Sorts ton lasso pis essais d’attraper la soubrette déguisée en nappe de camping!
Une fois que tout le monde est au bord du coma diabétique, on se dirige vers la prochaine étape de la soirée : la salle de danse. Là tu retrouve tes amis, dont la mère de la famille d’osti de mongols rencontrée plus tôt qui elle, a décidé qu’elle dansait comme jamais on a vu danser. C’est SA soirée, sa grosse sortie, tassez-vous! Y’a toujours aussi 3-4 folles qui essaient tant bien que mal de partir une danse en ligne en vain au bout d’la piste, sur une toune qui s’y prête pas. Découragé juste en entrant, t’enligne le temps d’une seconde d’aller te taper une partie de machines à boules pour passer le temps, mais attention! La zone est encerclée d’enfants de pauvres sur un esti de high de sucre, qui sont en train de défoncer les machines, sans jouer vraiment parce qu’ils n’ont pas une cenne, alors tu renonces sur le champ. Tu te diriges alors vers un coin isolé, et dépose tes choses sur une table sale, et là c’est le début de la fin. Tu assistes en direct au débarquement de Normandie; les enfants d’la gang des plus nantis débarquent dans le noir d’la piste de danse avec tout un attirail d’épée pis de guns à 10$ en plastiques qui font du bruit avec des lasers pis et des lumières DEL psychédéliques. Évidemment, t’as pas le choix d’embarquer tes enfants dans le troupeau pis d’les équiper, sinon té un parent poche, un sans coeur. Ça fait que tu t’assis et tu regardes les enfants courir, sauter, et pointer leurs lasers dans la face de Henriette, la grosse cousine du proprio et DJ en feu de la soirée.
Quand finalement t’es à bout de nerfs, que t’essais de prendre tes messages sur ton iPhone pour passer le temps pis que le signal passe pas à travers l’épais toit de la cabane ancestrale et des vapeurs de sirop, tu réussis à convaincre les enfants d’aller manger d’la tire dehors, en sachant qu’une fois dehors et transits par le froid ils seront plus facile à attraper et à attacher dans l’auto. Tu te diriges donc vers l’allée de neige jaune dans le bac en long, tu fais encore la ligne une dernière fois, et te sucre le bec à vouloir en vomir. Une fois les enfants avec la face et les mains bien collées, tu les attrapes par derrière en traitre, et hop dans le char! Tu les débarbouilles un peu, les suppliant de pas mettre leurs bottes pleine de bouette partout sur les bancs, leur donne un bol pour vomir au cas où, et tu décâlisses de là en te promettant de ne plus revenir… avant l’année prochaine.
22 mars 2012
Le Profiteur
J’ai la grisaille ce matin. Les beaux jours ne viennent-ils pas juste d’arriver qu’on annonce une température plus froide la semaine prochaine. Ça y est, l’été est fini, et j’en ai même pas profité. J’ai à peine pris le temps de prendre une bière au soleil. Mais tout ça est terminé. F-I-FI, N-I-NI. Rangeons gougounes, bermudas à peine défripées et ti-manteaux-de-printemps, le beau temps nous quitte, la grande noirceur arrive.
Déprimant en criss le bonhomme à matin me direz-vous? Vous avez ben raison. Mais non, rassurez-vous, je ne suis pas si down que ça, au contraire. C’est juste que je me suis couché hier soir la fenêtre ouverte, écoutant les doux bruits nocturnes de ma rue, et j’ai eu comme une impression de déjà vu; cette impression courante, quand arrive habituellement l’automne, qu’on n’a pas assez profité de l’été, pourtant si court. Car je sais bien que la chaleur des 2 derniers jours est bien exceptionnelle et qu’on aura droit malheureusement à un retour aux normales de saison avant que l’été s’installe pour vrai, mais que je n’ai quand même pas vraiment pu profiter de ces 2 jours de temps merveilleux comme j’aurais voulu. Oui bien sur j’ai pu défaire l’igloo saisonnier qui décore si bien mon driveway de banlieue, mais c’est pas vraiment ce que j’appelle « profiter » du beau temps.
C’était assez pourtant pour me convaincre d’essayer de tout faire cet été pour en profiter au max, pour ne pas me retrouver avec la même impression en septembre. Je décide donc, par la présente, de me fixer certaines règles de conduite, auxquelles je devrai obéir, sinon… sinon heu….je sais pas ce qui arrivera mais ça va être laitte!
Je me jure donc que je ferai parcourir plusieurs kilomètres à mon vieux vélo (même si ma blonde ne pourra pas me suivre, parce que j’ai fait exploser un de ses pneus hier en le gonflant… Pouff!). Je regarderai au moins chaque semaine un coucher de soleil en fumant un bon cigare. Je ne m’autoriserai jamais à dire « c’est frisquet hein?» en dessous de 15°C, ni jamais qu’il fait trop chaud. Je vais me baigner à partir de 70°F, beau temps mauvais temps. Je vais passer à travers ma grille de barbecue pour en avoir trop fait. Je vais organiser une soirée cinéparc dans ma cour. Je ne manquerai aucune occasion pour prendre une bière dehors, peu importe l’heure de la journée, quitte à la prendre avec le facteur. Je vais continuer de courir dehors nu pied sous la pluie à chaque grosse averse (c’est un rituel avec mes enfants…). Je me jure de ne manquer aucun arc-en-ciel après un orage, ni aucun décolleté plongeant (bon, ok, là ça semble devenir une fixation, va falloir travailler là-dessus...). Je marcherai dans l’herbe couverte de rosée en gougounes. Je trouverai du temps pour manger sur des terrasses, sur des tables pas de niveaux. Je roulerai les fenêtres baissées, en écoutant du bon vieux rock, dans ma Ford Focus familiale. J’essayerai tellement de cocktails que je pourrai les refaire les yeux fermés. Je me jure que je vais laver mon auto… au moins 2 fois!
Ha oui, j’vous le jure, cette année, je vais en profiter de l’été. Et quand l’automne se pointera le bout du nez, je pourrai dire avec fierté : « Hé merde, j’ai glandé tout l’été! ».
Et vous, que faites-vous pour profiter du beau temps?
Déprimant en criss le bonhomme à matin me direz-vous? Vous avez ben raison. Mais non, rassurez-vous, je ne suis pas si down que ça, au contraire. C’est juste que je me suis couché hier soir la fenêtre ouverte, écoutant les doux bruits nocturnes de ma rue, et j’ai eu comme une impression de déjà vu; cette impression courante, quand arrive habituellement l’automne, qu’on n’a pas assez profité de l’été, pourtant si court. Car je sais bien que la chaleur des 2 derniers jours est bien exceptionnelle et qu’on aura droit malheureusement à un retour aux normales de saison avant que l’été s’installe pour vrai, mais que je n’ai quand même pas vraiment pu profiter de ces 2 jours de temps merveilleux comme j’aurais voulu. Oui bien sur j’ai pu défaire l’igloo saisonnier qui décore si bien mon driveway de banlieue, mais c’est pas vraiment ce que j’appelle « profiter » du beau temps.
C’était assez pourtant pour me convaincre d’essayer de tout faire cet été pour en profiter au max, pour ne pas me retrouver avec la même impression en septembre. Je décide donc, par la présente, de me fixer certaines règles de conduite, auxquelles je devrai obéir, sinon… sinon heu….je sais pas ce qui arrivera mais ça va être laitte!
Je me jure donc que je ferai parcourir plusieurs kilomètres à mon vieux vélo (même si ma blonde ne pourra pas me suivre, parce que j’ai fait exploser un de ses pneus hier en le gonflant… Pouff!). Je regarderai au moins chaque semaine un coucher de soleil en fumant un bon cigare. Je ne m’autoriserai jamais à dire « c’est frisquet hein?» en dessous de 15°C, ni jamais qu’il fait trop chaud. Je vais me baigner à partir de 70°F, beau temps mauvais temps. Je vais passer à travers ma grille de barbecue pour en avoir trop fait. Je vais organiser une soirée cinéparc dans ma cour. Je ne manquerai aucune occasion pour prendre une bière dehors, peu importe l’heure de la journée, quitte à la prendre avec le facteur. Je vais continuer de courir dehors nu pied sous la pluie à chaque grosse averse (c’est un rituel avec mes enfants…). Je me jure de ne manquer aucun arc-en-ciel après un orage, ni aucun décolleté plongeant (bon, ok, là ça semble devenir une fixation, va falloir travailler là-dessus...). Je marcherai dans l’herbe couverte de rosée en gougounes. Je trouverai du temps pour manger sur des terrasses, sur des tables pas de niveaux. Je roulerai les fenêtres baissées, en écoutant du bon vieux rock, dans ma Ford Focus familiale. J’essayerai tellement de cocktails que je pourrai les refaire les yeux fermés. Je me jure que je vais laver mon auto… au moins 2 fois!
Ha oui, j’vous le jure, cette année, je vais en profiter de l’été. Et quand l’automne se pointera le bout du nez, je pourrai dire avec fierté : « Hé merde, j’ai glandé tout l’été! ».
Et vous, que faites-vous pour profiter du beau temps?
28 février 2012
Doux printemps, quand reviendras-tu?
Là j’commence à être tanné en osti.
Bin tanné d’pu savoir quel manteau mettre le matin, pis finir par avoir trop chaud avec mon manteau long, pis trop froid avec le court. Tanné de mettre mes bottes juste pour aller jeter un sac dans la poubelle dehors. Écœuré que ça prenne 20 minutes le matin à faire habiller les enfants, juste pour aller les mener à l’école ou la garderie à 2 minutes d’la maison. Pus capable d’être squeezé dans le bus entre le gros colon qui travaille au centre-ville avec un gros criss de manteau gonflé en plumes d’oie, pis la madame qui tousse ses poumons tout le temps.
J’tanné en esti d’me mouiller les pieds de bas dans l’entrée en rentrant parce que y’a d’l’estie de neige partout. Écœuré d’avoir à acheter du gros sel à gros prix pis d’le câlisser à terre dans le drive-way, juste pour pas glisser. Écœuré de jamais rien voir dans mes fenêtres de char, comme si j’sortais tout le temps d’une trail de 4 roues, sans avoir eu le fun qui va avec. Bin tanné de braker à un coin de rue sans savoir si j’va m’arrêter un moment donné.
Ramenez-moi pis ça presse les oiseaux qui s’égosillent à 5 heures du matin, le bruit des ostis de Cesna qui tournent au-dessus d’la ville, la criss de toile de piscine à frotter, les enfants à crémer, le maudit gazon qui allongent plus vite que son ombre, les ostis d’maringouins, pis les criss de marmottes qui copulent en d’sous mon cabanon!
Ouain... J’suis tanné en criss de l’hiver, pis j’ai bin hâte d’haïr l’été.
Bin tanné d’pu savoir quel manteau mettre le matin, pis finir par avoir trop chaud avec mon manteau long, pis trop froid avec le court. Tanné de mettre mes bottes juste pour aller jeter un sac dans la poubelle dehors. Écœuré que ça prenne 20 minutes le matin à faire habiller les enfants, juste pour aller les mener à l’école ou la garderie à 2 minutes d’la maison. Pus capable d’être squeezé dans le bus entre le gros colon qui travaille au centre-ville avec un gros criss de manteau gonflé en plumes d’oie, pis la madame qui tousse ses poumons tout le temps.
J’tanné en esti d’me mouiller les pieds de bas dans l’entrée en rentrant parce que y’a d’l’estie de neige partout. Écœuré d’avoir à acheter du gros sel à gros prix pis d’le câlisser à terre dans le drive-way, juste pour pas glisser. Écœuré de jamais rien voir dans mes fenêtres de char, comme si j’sortais tout le temps d’une trail de 4 roues, sans avoir eu le fun qui va avec. Bin tanné de braker à un coin de rue sans savoir si j’va m’arrêter un moment donné.
Ramenez-moi pis ça presse les oiseaux qui s’égosillent à 5 heures du matin, le bruit des ostis de Cesna qui tournent au-dessus d’la ville, la criss de toile de piscine à frotter, les enfants à crémer, le maudit gazon qui allongent plus vite que son ombre, les ostis d’maringouins, pis les criss de marmottes qui copulent en d’sous mon cabanon!
Ouain... J’suis tanné en criss de l’hiver, pis j’ai bin hâte d’haïr l’été.
24 février 2012
Il était une fois…
Il était une fois… Oui, bon, est-ce arrivé vraiment juste une fois ou si on veut juste dire que ça fait un bail, ce n’est pas très clair. En tout cas ce n’est sûrement pas arrivé hier, car dans un tel cas j’ose croire qu’on aurait été plus précis bâtard…. Mais alors, me direz vous, à partir de quand peut-on parler d’un évènement passé en utilisant le « il était une fois », hein? Elle est où la ligne qui sépare la narration d’un évènement plus ou moins récent pour lequel on prend la peine de mentionner la date, et le moment où on tombe direct dans le monde littéraire fantastique? J’haïs ça les zone grises. On ne se demandera pas pourquoi nos enfants ont d’la misère à définir leur espace temporel...
Non mais après tout notre histoire aurait pu commencer de n’importe quelle maudite façon, mais on dirait qu’en utilisant celle qui fait l’objet de cette chronique sans aucun but, on sait d’emblée qu’on ne lit pas un rapport gouvernemental ou un livre de recette. Ça nous plonge presque tout de suite dans un état végétatif, presque zombie, comme un enfant de 4 ans enroulé dans sa doudou qui écoute, impressionné et les yeux tout écartillés, grand-maman lire une belle histoire avant le dodo. Bon, voilà que j’écris le mot, « écartillés », et WORD ne l’aime pas. Il me suggère d’utiliser « écartelés » à la place. Non mais ça tu dois être beau en criss pis légèrement dérangeant un gamin avec les yeux écartelés, hein? Parions que grand-mère lèverait pas trop le nez de son livre de contes pour montrer les images!
Il faut bien admettre cependant qu’en commençant ainsi une histoire, on place tout de suite une ambiance. On sait d’avance qu’on tombe dans le fantastique, dans le cute, et probablement dans une histoire qui finira bien. Ça continu habituellement par « un vilain petit canard », ou « une princesse qui vivait dans la plus haute tour d’un château ». On s’entend qu’on s’attendrait pas vraiment à tomber sur «Il était une fois, 2 putes au coin d’une rue qui r’venait d’une grosse job …».
Et en même temps, une histoire qui commence ainsi, ça sent drôlement la morale. Ça fait tout de suite « le jeune, j’m’en vas te faire une analogie avec des animaux qui va te faire apprendre une belle leçon de vie ». Tsé comme les livres « Un exemple de ténacité » avec l’histoire de Maurice Richard quand on était petit… ça commençait surement de même.
Mais bon, un classique étant un classique, faisons phi de l’ambigüité de cette formule de départ nullement originale, et poursuivons notre récit. Je disais donc : Il était une fois, dans un pays fort fort lointain… Ok. Stop. Pourquoi ça se passe jamais tout près ces histoires là, hein! C’est ben donc compliqué écrire une histoire!!!
Non mais après tout notre histoire aurait pu commencer de n’importe quelle maudite façon, mais on dirait qu’en utilisant celle qui fait l’objet de cette chronique sans aucun but, on sait d’emblée qu’on ne lit pas un rapport gouvernemental ou un livre de recette. Ça nous plonge presque tout de suite dans un état végétatif, presque zombie, comme un enfant de 4 ans enroulé dans sa doudou qui écoute, impressionné et les yeux tout écartillés, grand-maman lire une belle histoire avant le dodo. Bon, voilà que j’écris le mot, « écartillés », et WORD ne l’aime pas. Il me suggère d’utiliser « écartelés » à la place. Non mais ça tu dois être beau en criss pis légèrement dérangeant un gamin avec les yeux écartelés, hein? Parions que grand-mère lèverait pas trop le nez de son livre de contes pour montrer les images!
Il faut bien admettre cependant qu’en commençant ainsi une histoire, on place tout de suite une ambiance. On sait d’avance qu’on tombe dans le fantastique, dans le cute, et probablement dans une histoire qui finira bien. Ça continu habituellement par « un vilain petit canard », ou « une princesse qui vivait dans la plus haute tour d’un château ». On s’entend qu’on s’attendrait pas vraiment à tomber sur «Il était une fois, 2 putes au coin d’une rue qui r’venait d’une grosse job …».
Et en même temps, une histoire qui commence ainsi, ça sent drôlement la morale. Ça fait tout de suite « le jeune, j’m’en vas te faire une analogie avec des animaux qui va te faire apprendre une belle leçon de vie ». Tsé comme les livres « Un exemple de ténacité » avec l’histoire de Maurice Richard quand on était petit… ça commençait surement de même.
Mais bon, un classique étant un classique, faisons phi de l’ambigüité de cette formule de départ nullement originale, et poursuivons notre récit. Je disais donc : Il était une fois, dans un pays fort fort lointain… Ok. Stop. Pourquoi ça se passe jamais tout près ces histoires là, hein! C’est ben donc compliqué écrire une histoire!!!
17 janvier 2012
Le Plan
C’est typique, mais encore cette année les fêtes m’ont passé sur le corps, et y’en est même resté de collé. Pis c’est le tour de taille qui en assumé le plus, surtout la partie avant. J’ai pris quelques livres comme tout le monde, et j’dirais même plus en fait j’ai pris une partie de la bibliothèque aussi. Me semble que depuis mes 30 ans, plus ça va et plus mon nombril creuse par en dedans. Ça sera bientôt un trou noir aspirant toute matière à proximité…
J’aimerais des fois avoir la chance d’être une fille et prendre du poids surtout dans le cul; ma blonde me dit toujours que j’en ai pas justement…. Au moins le gras serait derrière moi, il me sauterait pas en plein visage à chaque fois que je me déshabille. Pis ça serait plus mou quand je m’assois dans l’autobus. Pourquoi ça se réparti pas également partout c’te mou là? J’pas un dromadaire bâtard!
Pis c’est si dur de faire attention, hein?. Et ça veut dire quoi, pour commencer,« faire attention »? J’suis très délicat pourtant quand j’ouvre un sac de chips, mais ça ne m’empêche pas de gonfler un peu plus à chaque crounch! Non, c’est vrai, j’trouve ça dur. Me semble que ça devrait être si facile de manger moins, mais y’a toujours une bonne occasion pour tricher; je l’sais, j’suis pro là-dedans. J’peux même vous dire que j’ai beaucoup d’imagination pour en créer, des occasions!
Ce qu’il me faut, c’est un plan. Faut me fixer un but précis, avec des moyens précis, mais surtout de trouver une bonne motivation, et c’est là tout le problème. Pour vous dire comment j’suis découragé, j’ai même pensé à repartir l’Ordre Royal des Bisons des Prairies, et de virer ça en groupe de soutien pour hommes désireux de perdre d’la bedaine…. Mais bon, pas sûr que de ramasser une gang de gars dans mon garage chaque mardi soir va m’aider beaucoup; on trouverait surement une bonne raison d’introduire un rituel où y’aurais d’la bière quelque part là-dedans (l’imagination…), et ça serait alors peine perdu.
Quoi faire alors pour ressembler ne serait-ce qu’un tant soit peu au criss de Matthew McConaughey avec son 6-pack en téflon? C’est rien pour aider ma cause, c’t’ostie là! J’ai l’air d’un pygmée à côté de ça. Non mais j’peux pas passer mes journées à jogger en bedaine sur le bord de la mer avec mon iPod moi, j’en ai pas d’criss de iPod!
Ben oui, j’le sais, y’a un peu beaucoup de paresse là-dedans. C’est si facile de se plaindre, et si dur de se mettre au travail. Y’a pas une application pour régler ça?
Faut que je pense à ça, que j’trouve une façon de manger moins, de bouger plus, et ce sans éliminer toute source de bonheur et de plaisir dans ma vie. Faut vraiment que j’me fasse un plan…
11 janvier 2012
Je vous aime
Je l’avoue, je vous aime.
Vous qui êtes si coquettes, si mignonnes.
Vos courbes sont si croquantes, si alléchantes.
Vous vous laissez désirer, vous me faites saliver.
Vous déballer est un bonheur, vous résister est une torture.
Je vous veux le jour, mais je vous préfère le soir.
Mon cœur vous est acquis, mon corps est votre esclave.
Vous êtes un supplice qu’on aime s’infliger,
Notre histoire est une passion tourmentée.
Je serai à vous pour toujours,
Mes belles petites croustilles d’amour.
(Ok, tout le monde à la machine à chips dans 5, 4, 3, 2…)
Vous qui êtes si coquettes, si mignonnes.
Vos courbes sont si croquantes, si alléchantes.
Vous vous laissez désirer, vous me faites saliver.
Vous déballer est un bonheur, vous résister est une torture.
Je vous veux le jour, mais je vous préfère le soir.
Mon cœur vous est acquis, mon corps est votre esclave.
Vous êtes un supplice qu’on aime s’infliger,
Notre histoire est une passion tourmentée.
Je serai à vous pour toujours,
Mes belles petites croustilles d’amour.
(Ok, tout le monde à la machine à chips dans 5, 4, 3, 2…)
22 décembre 2011
Inspiration, quand tu nous tiens...
J’aime ça écrire, moi. Oui, bon, ça vous vous en doutez, sinon vous seriez présentement en train de vaquer à d’autres occupations. Mais pour écrire, faut que je sois inspiré. Y’a des jours où je le suis pour dix, d’autres pas du tout. J’aurais d’la misère d’ailleurs, j’en suis convaincu, à écrire un livre. Ça me prendrait bien dix ans, et j’suis pas sûr que ça serait facile à lire d’un bout à l’autre. Écrire c’est une chose, mais trouver sur « quoi » écrire, ça c’en est une autre. Aujourd’hui, je n’ai vraiment aucune idée sur quoi écrire.
Oui, bien sûr, je pourrais commenter sur l’actualité, mais ça, ce n’est pas mon truc. On a assez de la radio, des nouvelles télévisées et des nombreux blogs pour nous rappeler tous les jours combien ça va mal dans le monde, je n’ai pas envie d’y ajouter mon grain de sel, pour peu que ça soit utile. By the way, et ça n’a aucun rapport, pouvez-vous me dire pourquoi on est obligés d’écrire « Je n’ai pas envie », et pas plutôt « J’ai pas envie »? Me semble que un comme l’autre, on se comprendrait, non? C’t’idée d’ajouter des osties lettres partout… Pis startez-moi pas sur les lettres muettes, j’risque de péter ma coche...
Revenons à nos moutons, pis pour ceux qui n’en n’ont pas, ben j’le sais pas moi, trouvez vous autre chose, baptême!
Certains écrivent sur leurs passions. Mais moi je n’ai pas vraiment de passion. J’suis pas de même, c’est pas mon genre. J’suis beaucoup trop rationnel pour partir sur un trip de collectionner des timbres, trop terre à terre pour faire d’la méditation en culotte de jogging grises, et trop pratico-pratique pour perdre tout mon temps à essayer de faire entrer une maquette de bateau dans une crisse de bouteille.
Sérieusement, moi ce que j’aime, quand j’écris, c’est d’amener le lecteur (si lecteur il y a… êtes-vous toujours avec moi?), à sortir de sa tête pendant quelques secondes, quelques minutes, et d’entrer un peu dans la mienne. Du moins dans la partie funky, celle avec une méga boule disco pis des crottes de fromage, parce que l’autre partie, celle qui gère le gros de ma vie, est beaucoup trop plate. Tsé des bureaux de comptable en cubicule avec des murs gris-beige… c’est à peu près ça.
Parfois quand j’écris, je pourrais facilement partir dans un total délire sur la plus anodine des visions. J’ai déjà écrit tout un texte en me basant sur les 20 secondes que ça me prend pour aller de la maison à l’arrêt d’autobus le matin, les écouteurs sur la tête. Un autre texte basé sur l’odeur de mes vis qui sont dans un vieux pot de beurre de cacahouète format Costco. (D’ailleurs, parenthèse entre parenthèses, j’trouve qu’on dit jamais assez le mot « cacahouète », c’est si rigolo…). Mais vous savez quoi? Ces flashs loufoques, simples et efficaces, sont parmi mes préférés.
Bref, en résumé, et pour conclure, j’aime ça trouver l’inspiration pour écrire, et j’aimerais pouvoir le faire tous les jours, mais ça vient pas sur commande. C’est une chose qu’on ne peut prendre pour acquise, tout comme l’amour, le succès, ou si les canadiens vont faire les séries.
Non, je vous le dis, y’a vraiment des jours où, comme aujourd’hui, j’ai vraiment aucune idée sur quoi écrire…
Oui, bien sûr, je pourrais commenter sur l’actualité, mais ça, ce n’est pas mon truc. On a assez de la radio, des nouvelles télévisées et des nombreux blogs pour nous rappeler tous les jours combien ça va mal dans le monde, je n’ai pas envie d’y ajouter mon grain de sel, pour peu que ça soit utile. By the way, et ça n’a aucun rapport, pouvez-vous me dire pourquoi on est obligés d’écrire « Je n’ai pas envie », et pas plutôt « J’ai pas envie »? Me semble que un comme l’autre, on se comprendrait, non? C’t’idée d’ajouter des osties lettres partout… Pis startez-moi pas sur les lettres muettes, j’risque de péter ma coche...
Revenons à nos moutons, pis pour ceux qui n’en n’ont pas, ben j’le sais pas moi, trouvez vous autre chose, baptême!
Certains écrivent sur leurs passions. Mais moi je n’ai pas vraiment de passion. J’suis pas de même, c’est pas mon genre. J’suis beaucoup trop rationnel pour partir sur un trip de collectionner des timbres, trop terre à terre pour faire d’la méditation en culotte de jogging grises, et trop pratico-pratique pour perdre tout mon temps à essayer de faire entrer une maquette de bateau dans une crisse de bouteille.
Sérieusement, moi ce que j’aime, quand j’écris, c’est d’amener le lecteur (si lecteur il y a… êtes-vous toujours avec moi?), à sortir de sa tête pendant quelques secondes, quelques minutes, et d’entrer un peu dans la mienne. Du moins dans la partie funky, celle avec une méga boule disco pis des crottes de fromage, parce que l’autre partie, celle qui gère le gros de ma vie, est beaucoup trop plate. Tsé des bureaux de comptable en cubicule avec des murs gris-beige… c’est à peu près ça.
Parfois quand j’écris, je pourrais facilement partir dans un total délire sur la plus anodine des visions. J’ai déjà écrit tout un texte en me basant sur les 20 secondes que ça me prend pour aller de la maison à l’arrêt d’autobus le matin, les écouteurs sur la tête. Un autre texte basé sur l’odeur de mes vis qui sont dans un vieux pot de beurre de cacahouète format Costco. (D’ailleurs, parenthèse entre parenthèses, j’trouve qu’on dit jamais assez le mot « cacahouète », c’est si rigolo…). Mais vous savez quoi? Ces flashs loufoques, simples et efficaces, sont parmi mes préférés.
Bref, en résumé, et pour conclure, j’aime ça trouver l’inspiration pour écrire, et j’aimerais pouvoir le faire tous les jours, mais ça vient pas sur commande. C’est une chose qu’on ne peut prendre pour acquise, tout comme l’amour, le succès, ou si les canadiens vont faire les séries.
Non, je vous le dis, y’a vraiment des jours où, comme aujourd’hui, j’ai vraiment aucune idée sur quoi écrire…
20 décembre 2011
Promenade sous terre
J’aime ça, moi, en me rendant au boulot le matin, prendre un raccourci au chaud par les souterrains du métro, question de pas geler dehors au grand vent.
Quel bonheur que de marcher dans un vieux tunnel en béton décrépi, surchauffé et où ça sent l’urine de pipi, avec des rigoles d’eau contaminée qui coule sur les murs.
J’aime dont ça ne pas encourager le vieux musicien qui tente encore de percer, parce que y’a pas compris qu’il n’est juste pas très bon.
J’aime ça, marcher sur la pointe des pieds pour pas réveiller les itinérants qui dorment là, ronflant la bouche grande ouverte, dans laquelle on voit leur pas de repas de la veille.
J’aime ça de ne pas pouvoir dépasser la grosse madame qui prend la largeur de l’escalier mécanique à elle seule, avec ses sacs posés à côté d’elle.
J’aime ça me tenir dans le même escalier entre quelqu’un qui pue et quelqu’un d’autre qui sent trop le parfum, parce que ça balance.
J’aime ça comprendre absolument rien quand y’a une annonce urgente au micro, parce que ça sonne comme d’la marde.
J’aime ça, moi, ne pas acheter l’Itinéraire.
Et j’aime dont ça sortir de là en essayant d’ouvrir la porte sans toucher à la poigné pleine de germes sans y toucher avec les mains, pis avoir d’la misère à cause des courants d’air inverses au sens que la porte ouvre.
Que de bonheur…
16 décembre 2011
Pourquoi on aime les décolletés.
En tant qu’homme je me suis toujours demandé à brûle-pourpoint (bon ok je sais que ça fait pas de sens littérairement parlant mais j’trouve que ça sonne bien et j’aime ça dire ça, brûle-pourpoint…) pourquoi on aime tant les décolletés. Et là je ne parle pas d’un v-neck à la toison virile, mais bien de son « pendant » féminin, la craque.
Bien que pas aussi trichée qu’à la belle époque des corsets et robes affriolantes des gentes dames, elle est néanmoins visiblement très populaire encore aujourd’hui, et a toujours un pouvoir hypnotique fascinant. Très à la mode, la femme d’aujourd’hui la porte visiblement volontiers, et l’homme, du regard, la supporte. Question de faire une analyse dans les règles de l’art, tentons tout d’abord de définir ce qu’est vraiment, en soi, un décolleté.
Un décolleté, c’est un joyau brillant dans son écrin, un lustre pendant au plafond d’un grand palais. Des bulles de savon dansantes sous un soleil radieux. C’est le Grand Canyon qu’on souhaiterait survoler, la craque de sofa dans laquelle on souhaiterait tout perdre… C’est les cloches d’une majestueuse cathédrale, un puits magique aux mille souhaits. C’est la caverne d’Ali Baba.
Un beau décolleté, c’est la pleine lune et le soleil qui se rencontrent au zénith. C’est les portes entre-ouvertes du paradis, c’est la mer où Moïse a séparé les eaux. C’est un champ de blé dansant aux quatre vents, de vertes vallées où coule une paisible rivière. C’est le pays des Télétubbies.
Un décolleté, c’est du bonheur enveloppé, un cadeau à demi-déballé, le sourire sur un visage d’enfant. C’est une invitation à un open-house, une allée de quilles fraîchement vernie. C’est une fenêtre ouverte sur le monde, une plage en été, un chocolat chaud en plein hiver… avec ses deux guimauves. Mais c’est aussi un piège de renard à ours.
Un décolleté, c’est tout ça à la fois.
Quand à notre question initiale, et bien visiblement, se la poser, c’est y répondre.
Mesdames, mesdemoiselles, en ce temps de partage et de réjouissances, rendez un homme heureux; ayez la craque généreuse.
Laissons-nous maintenant, si vous le voulez bien, sur une chanson de circonstance…
http://www.youtube.com/watch?v=-Q4jFyAGHzU&feature=related
Bien que pas aussi trichée qu’à la belle époque des corsets et robes affriolantes des gentes dames, elle est néanmoins visiblement très populaire encore aujourd’hui, et a toujours un pouvoir hypnotique fascinant. Très à la mode, la femme d’aujourd’hui la porte visiblement volontiers, et l’homme, du regard, la supporte. Question de faire une analyse dans les règles de l’art, tentons tout d’abord de définir ce qu’est vraiment, en soi, un décolleté.
Un décolleté, c’est un joyau brillant dans son écrin, un lustre pendant au plafond d’un grand palais. Des bulles de savon dansantes sous un soleil radieux. C’est le Grand Canyon qu’on souhaiterait survoler, la craque de sofa dans laquelle on souhaiterait tout perdre… C’est les cloches d’une majestueuse cathédrale, un puits magique aux mille souhaits. C’est la caverne d’Ali Baba.
Un beau décolleté, c’est la pleine lune et le soleil qui se rencontrent au zénith. C’est les portes entre-ouvertes du paradis, c’est la mer où Moïse a séparé les eaux. C’est un champ de blé dansant aux quatre vents, de vertes vallées où coule une paisible rivière. C’est le pays des Télétubbies.
Un décolleté, c’est du bonheur enveloppé, un cadeau à demi-déballé, le sourire sur un visage d’enfant. C’est une invitation à un open-house, une allée de quilles fraîchement vernie. C’est une fenêtre ouverte sur le monde, une plage en été, un chocolat chaud en plein hiver… avec ses deux guimauves. Mais c’est aussi un piège de renard à ours.
Un décolleté, c’est tout ça à la fois.
Quand à notre question initiale, et bien visiblement, se la poser, c’est y répondre.
Mesdames, mesdemoiselles, en ce temps de partage et de réjouissances, rendez un homme heureux; ayez la craque généreuse.
Laissons-nous maintenant, si vous le voulez bien, sur une chanson de circonstance…
http://www.youtube.com/watch?v=-Q4jFyAGHzU&feature=related
15 décembre 2011
C’est pas drôle tous les jours d’être un homme.
C’est pas drôle tous les jours d’être un homme. Non madame.
Bon ok, l’homme d’aujourd’hui n’a peut-être plus besoin de défendre son honneur de son glaive et de son sang, mais est-ce que sa condition contemporaine est vraiment mieux? Posons-nous la question un moment.
L’homme d’aujourd’hui doit être à la fois conjoint, amant, père et ami… mais aussi peintre, technicien audio-visuel, constructeur, mécanicien, maitre de la cuisson au BBQ, et ouvreur de pots de pickles. Il doit être capable, comme architecte et surintendant, d’estimer précisément le temps nécessaire pour des rénovations, incluant le nombre de fois où la cliente changera d’idée, et arriver idéalement à faire ces travaux dans les délais et en dehors des heures où il doit être conjoint, amant, père et ami…
L’homme d’aujourd’hui, comme ses ancêtres, doit être brave. Il est, par défaut, l’élu pour aller voir la nuit si y’a un bruit bizarre dans la maison, n’ayant comme armure que ses bobettes et sa lampe de poche à DEL… Il doit être un bambou ; tendre et robuste à la fois. Il doit être capable de tout faire de ses dix doigts, mais avoir quand même les mains douces le soir sous la couette.
Malgré qu’il vive maintenant en ville, il doit ne faire qu’un avec la nature. Il doit savoir partir un feu avec 3 bûches humides et 2 allumettes; Il doit savoir reconnaître à l’oreille et pouvoir nommer tous les bruits bizarres qu’on peut entendre la nuit, en forêt. Sans parler d’être capable de reculer et stabiliser une tente-roulotte sur un terrain escarpé et sablonneux.
L’homme doit être bon. Il doit accepter que, même s’il a approuvé un choix de tenue, sa femme reviendra toujours à son premier choix pour une raison inconnue. Et il n’a pas d’excuse, lui, pour être de mauvaise humeur pendant une semaine chaque mois, et sensible la semaine d’avant.
En société, il doit savoir rester de glace et insensible devant un décolleté plus-que-plongeant, et savoir ne pas détourner le regard vers un pantalon si moulant qu’il rendrait grossièrement apparent le plus mince et étroit bout de tissu de sous-vêtement.
L’homme d’avant choisissait sa caverne; celui d’aujourd’hui peut à peine choisir la couleur des murs de son atelier dans le garage. L’homme d’avant pouvait sortir chasser quand bon lui semblait; celui d’aujourd’hui doit se mériter un passe-droit pour y aller une semaine dans l’année. L’homme des temps anciens pouvait obtenir des faveurs sexuelles sur demande; aujourd’hui il doit avoir accumulé suffisamment de pipo-points…
Et malgré tout ce fardeau, l’homme n’a pas de journée où il est célébré et reconnu, comme « la journée de la femme », ou «la journée des secrétaires ». Il a seulement « la journée des vidanges »…
C’est pas drôle tous les jours d’être un homme. Non madame.
Bon ok, l’homme d’aujourd’hui n’a peut-être plus besoin de défendre son honneur de son glaive et de son sang, mais est-ce que sa condition contemporaine est vraiment mieux? Posons-nous la question un moment.
L’homme d’aujourd’hui doit être à la fois conjoint, amant, père et ami… mais aussi peintre, technicien audio-visuel, constructeur, mécanicien, maitre de la cuisson au BBQ, et ouvreur de pots de pickles. Il doit être capable, comme architecte et surintendant, d’estimer précisément le temps nécessaire pour des rénovations, incluant le nombre de fois où la cliente changera d’idée, et arriver idéalement à faire ces travaux dans les délais et en dehors des heures où il doit être conjoint, amant, père et ami…
L’homme d’aujourd’hui, comme ses ancêtres, doit être brave. Il est, par défaut, l’élu pour aller voir la nuit si y’a un bruit bizarre dans la maison, n’ayant comme armure que ses bobettes et sa lampe de poche à DEL… Il doit être un bambou ; tendre et robuste à la fois. Il doit être capable de tout faire de ses dix doigts, mais avoir quand même les mains douces le soir sous la couette.
Malgré qu’il vive maintenant en ville, il doit ne faire qu’un avec la nature. Il doit savoir partir un feu avec 3 bûches humides et 2 allumettes; Il doit savoir reconnaître à l’oreille et pouvoir nommer tous les bruits bizarres qu’on peut entendre la nuit, en forêt. Sans parler d’être capable de reculer et stabiliser une tente-roulotte sur un terrain escarpé et sablonneux.
L’homme doit être bon. Il doit accepter que, même s’il a approuvé un choix de tenue, sa femme reviendra toujours à son premier choix pour une raison inconnue. Et il n’a pas d’excuse, lui, pour être de mauvaise humeur pendant une semaine chaque mois, et sensible la semaine d’avant.
En société, il doit savoir rester de glace et insensible devant un décolleté plus-que-plongeant, et savoir ne pas détourner le regard vers un pantalon si moulant qu’il rendrait grossièrement apparent le plus mince et étroit bout de tissu de sous-vêtement.
L’homme d’avant choisissait sa caverne; celui d’aujourd’hui peut à peine choisir la couleur des murs de son atelier dans le garage. L’homme d’avant pouvait sortir chasser quand bon lui semblait; celui d’aujourd’hui doit se mériter un passe-droit pour y aller une semaine dans l’année. L’homme des temps anciens pouvait obtenir des faveurs sexuelles sur demande; aujourd’hui il doit avoir accumulé suffisamment de pipo-points…
Et malgré tout ce fardeau, l’homme n’a pas de journée où il est célébré et reconnu, comme « la journée de la femme », ou «la journée des secrétaires ». Il a seulement « la journée des vidanges »…
C’est pas drôle tous les jours d’être un homme. Non madame.
13 janvier 2010
Bonne année là...
Des fois j’me demande jusqu’à quand on doit dire bonne année à ceux qu’on n’a pas revu depuis les fêtes? Jusqu’à quand on surf sur ce trip là, sans avoir l’air un peu arriéré?
Moi je dis qu’on devrait avoir une date de deadline, quelque chose d’officiel. Comme ça, on saurait! Je sais j’suis un peu freak là-dessus, mais les zones grises m’angoissent.
Arrivés dans le coin du 10, on sait comme plus trop. Les gens très près de nous c’est pas trop stressant, on y va à fond les salutations, parce qu’ils nous aiment alors pas grave d’avoir l’air con, mais avec les collègues par exemple, les relations d’affaire, les gens qu’on croise dans les commerces?
Tsé y’a comme un moment où si tu le dis encore en serrant la main, t’as l’air du gars qui n’a pas décroché et qui se fait encore des Bloody Ceasar à 3h de l’après-midi pis qui se couche tard en ressortant des restes de pizza froide. Pis si tu le dis pas, t’as peur de passer pour le gars qui a un petit côté Ebenezer Scrooge, pour qui les fêtes et ce genre de truc c’est que des balivernes… ou pire encore de faire préjudice à quelqu’un en jetant un sort de mauvaise année. Des fois j’essais comme de le dire en toussant, comme ça personne est vraiment sûr de l’avoir entendu pis je me sens pas coupable de pas l’avoir dis…
Pis y’a ce qu’on dit aussi qui m’énerve. De la santé pis du bonheur, c’est bien évident. Mais quand je souhaite ça, j’ai l’impression de donner une maudite carte Hallmark sans aucune originalité. Pis l’horreur quand t’es le deuxième à parler, t’as le choix entre « pareillement » ou bien souhaiter autre chose, pis comme t’as pas eu le temps de réfléchir à un souhait personnalisé, tu patines. D’Habitude on s’en sort avec un « pis du travail aussi, même si l’important c’est plus la santé hihi »… Pathétique.
Remarquez que y’a pas de solution parfaite. Par exemple si on avait une date fixe, on aurait d’autres problèmes. Comme de se faire regarder de travers en disant pas bonne année à quelqu’un parce que la date limite c’était la veille, ou bien des morons qui nous le dirait après la date, en disant « ah mais je savais pas c’était quoi la date cette année… ».
Anyways. J’prendrai pas de chance et je vous laisse sur un « bonne année, d’la santé pis du bonheur! »…
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